AAC 2019

AAC 2019

APPEL À COMMUNICATONS
COLLOQUE INTERNATIONAL, NICE, 1-2 JUILLET 2019
 
ÉLECTIONS EUROPÉENNES 2019 – BANALISATION OU CRÉATIVITÉ DE LA COMMUNICATION POLITIQUE ?

Photo by Rock Cohen

Les élections au Parlement européen ont été considérées de longue date comme des élections « de second ordre » (Reif & Schmitt, 1980). Deux facteurs principaux ont été avancés pour justifier cette appréciation : le bas niveau persistant de la participation à ce vote dans la plupart des pays de l’Union européenne et la faiblesse du Parlement européen par rapport aux compétences et aux pouvoirs des différents parlements nationaux. De ce fait, les partis politiques de gouvernement ont quelque peu délaissé ces élections, souvent perçues par l’opinion comme une « voie de garage » pour hommes et femmes politiques en bout de course ou mal en cour. Cependant, les partis politiques marginaux, ou représentant les extrêmes de l’échiquier politique, ont profité du faible investissement des partis de gouvernement pour faire entendre leur voix et faire progresser leurs idées. Si les élections européennes de 2014 n’ont pas directement changé la donne, l’influence de ce vote est loin d’avoir été négligeable. En effet, la communication politique des partis marginaux et extrêmes au cours de cette élection a marqué l’opinion par ses accents encore plus démagogiques et populistes que précédemment, qu’il s’agisse des discours attaquant l’Union européenne et ses institutions bruxelloises, ou de ceux s’opposant à l’immigration ou prônant le retour aux frontières nationales, et ce, avec parfois une violence que l’on n’avait pas connue depuis la première moitié du Vingtième siècle. Plus que jamais, les partis de gouvernement ont été désignés comme « complices » de cet abandon de souveraineté.

A partir de cette dénonciation frontale des partis de gouvernement, mais aussi des idées de consensus politique inhérentes aux débats habituels des démocraties, la communication politique des élections européennes de 2014 est devenue le terrain d’essai de plusieurs partis aux ressorts démagogiques, fréquemment caractérisés comme « populistes », lesquels ont profité de cette tribune pour se faire entendre et pour prendre par la suite le pouvoir dans plusieurs pays de l’Union européenne. On peut aussi entrapercevoir dans ce mouvement la naissance de l’idée de « dégagisme », qui a fait le bonheur ultérieur de certains nouveaux venus sur les échiquiers politiques de plusieurs pays de l’Union, avec en particulier l’arrivée au pouvoir « hors partis » d’Emmanuel Macron en France en 2017. L’observation des flux de communication politique des élections européennes de 2014 a ainsi permis de montrer que leur statut de « second ordre » était devenu sujet à caution : si leur résultat immédiat – la composition du Parlement européen – n’a en somme guère changé fondamentalement par rapport au passé, l’influence de ces élections sur les votes internes qui ont suivi dans les pays de l’Union est loin d’avoir été négligeable. 

Ce colloque propose à ses contributeurs de dresser un premier bilan de la communication politique des élections européennes 2019 en approfondissant en particulier trois pistes de réflexion :

– l’analyse comparative des stratégies et tactiques de communication politique de la campagne dans l’Union européenne, au travers de l’ensemble des instruments et méthodes de communication, y compris les emplois subversifs éventuels des réseaux sociaux et l’usage délibéré de fake news;

– la mise en relation des contenus et programmes avec l’évolution politique de nombre de pays de l’Union depuis les précédentes élections européennes, ce qui amènera à considérer l’équilibre entre enjeux nationaux et enjeux européens, certaines semblant bien devenir cruciales pour les gouvernants en place (à commencer par la France);

– enfin, l’évaluation du caractère « disruptif », ou au contraire plus classique, de cette communication politique à l’échelle européenne; va-t-on assister à une banale pratique de la communication politique au sein des pays de l’Union, ou au contraire la diversité et le morcellement des paysages politiques et l’essor accru des réseaux sociaux vont-ils susciter innovation et créativité ?

Ces questions centrales feront l’objet du colloque international de communication politique comparée qui se tiendra à Nice, les 1er et 2 juillet 2019, dans le cadre d’une coopération entre le laboratoire Sic.Lab Méditerranée de l’Université Côte d’Azur (www.siclab.fr) et le Centre d’Etudes Comparées en Communication Politique et Publique (www.ceccopop.eu). Cette manifestation scientifique réunira chercheurs, enseignants-chercheurs et professionnels de la communication sur le Campus Carlone de la Faculté LASH de l’Université Côte d’Azur et au Centre Universitaire Méditerranéen, situé sur la Promenade des Anglais.

Le colloque est organisé par Philippe J. Maarek, Professeur spécialisé en Communication Politique à l’Université Paris Est Créteil (UPEC), ancien Président des Sections de Recherche en Communication Politique de l’IPSA et de l’IAMCR/AIERI, membre associé du Sic.Lab et directeur du CECCOPOP. Il en assure la coordination scientifique en coopération avec Nicolas Pelissier, Professeur en Sciences de l’Information et de la Communication à l’Université Côte d’Azur et Directeur de Sic.Lab Méditerranée (EA 3280).

La manifestation sera bilingue, français-anglais. Les collègues désireux d’y présenter une communication sont invités à envoyer une demande de participation avant le 27 février 2019 à l’adresse mail suivante : ceccopop@gmail.com. Les propositions devront comporter un résumé/abstract de 250 à 500 mots (un ou deux feuillets) et un CV d’un feuillet. Elles feront l’objet d’une évaluation en double aveugle par les membres du Conseil Scientifique (Voir sa composition après l’appel à communication en Anglais).

 

Conseil scientifique

Françoise AlbertiniUniversité de Corse, France
Paul BainesCranfield University, Royaume-Uni/United Kingdom
Camelia BeciuUniversité de Bucarest, Roumanie/Romania
Donatella CampusUniversità di Bologna, Italie/Italy
Maria-José CanelUniversité Complutense, Espagne/Spain
Eric DacheuxUniversité de Clermont Auvergne, France
Alex FrameUniversité de Bourgogne, Dijon, France
Lutz HagenUniversité Technique de Dresde, Allemagne/Germany
Denisa HejlovaCharles University, République Tchèque/Czech Republic
Christina Holtz-BachaFriedrich-Alexander-Universität Erlangen-Nürnberg, Allemagne/Germany
Karolina Kok-MichalskaAudiencia, France
Darren LillekerBournemouth University, Royaume-Uni/United Kingdom
Eric MaigretUniversité Paris 3 Sorbonne Nouvelle, France
Anna Matulková-ShavitCharles University, République Tchèque/Czech Republic
Lars NordMidwestern University, Suède/Sweden
Paul RasseUniversité Côte d’Azur, France
Jordi Rodriguez VirgiliUniversity of Navarra in Pamplona, Espagne/Spain
Brigitte SebbahUniversité de Toulouse 3, France
James Stanyer, University of Loughborough, Royaume-Uni/United Kingdom
Ioanna VovouPanteion University, Grèce/Greece
Claes de VreeseUniversity of Amsterdam, Pays-Bas/Netherland
Malgorzata Winiarska-Brodowska, Jagellon University, Pologne/Poland

Comité d’organisation

Direction : Philippe J. Maarek (CECOPOPP) & Nicolas Pélissier (SIC.Lab Méditerranée) 
Coordination : Amandine Astic-Rouah (étudiante master DISTIC SIC.Lab) & Vanessa Landaverde (post-doc  ATER SIC.Lab), 
Communication : Levon Bosnakian (doctorant SIC.Lab),  Marie-Eleonore Georges et Adèle N’Dao (étudiantes master DISTIC SIC.Lab) 

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